Acte 1 : Les Montagnes des Larmes
On raconte que les Montagnes des Larmes n’ont pas reçu leur nom des hommes. Les hommes qui s’y aventuraient n’avaient pas vraiment le temps de pleurer. C’était une chaîne de pics noirs, déchiquetés comme des mâchoires, où le vent hurlait sans cesse et où la faim était une compagne plus fidèle que l’ombre. Là-haut vivaient les ogres — pas en tribus, mais comme des calamités solitaires, chacun régnant sur son royaume de pierre et d’ossements.
Parmi eux, il y avait Grashnak Brise-Côtes. Grand, même pour un ogre, large comme une porte de forteresse, il portait sur lui les cicatrices d’innombrables combats. Mais ce qui le distinguait des autres, ce n’était pas sa force. C’était son appétit. Grashnak ne chassait pas pour survivre. Il chassait pour prouver qu’il en était capable.
Acte 2 : L'Appel du Chaos
Un jour — si on peut encore parler de jours dans ces terres où le ciel lui-même semblait pourrir — Grashnak quitta les montagnes. Il descendit vers les Désolations du Chaos. Là où d’autres auraient fui, lui trouva exactement ce qu’il cherchait : une guerre sans fin, de la chair à profusion, et des maîtres assez fous pour le payer en viande et en carnage.
Les serviteurs du Chaos l’accueillirent comme on accueille une arme. Sans confiance, mais avec intérêt. Car Grashnak ne prêtait allégeance à aucun dieu. Il ne priait pas, ne servait personne. Il se battait. Et ça leur suffisait. C’est dans ces terres maudites qu’il trouva sa monture. Ou plutôt… qu’il se la prit.
Acte 3 : La Bête Mutante
La créature était un rhinocéros gigantesque, né des terres corrompues, marqué par la main des magisters noirs. Sa masse était colossale, chaque pas enfonçant le sol comme un coup de bélier. Sa peau portait des plaques d’acier directement soudées à sa chair — pas fixées, mais fusionnées, comme si le métal avait poussé avec l’os et le sang. Le long de ses flancs, ces armures organiques formaient une carapace hérissée de pointes, faisant de la bête une arme vivante.
Autour de la base de ses cornes, l’acier et la chair ne faisaient plus qu’un, déformant leur naissance en une masse brute, faite pour éventrer et réduire en miettes tout ce qui se dresserait sur son chemin. Elle n’avait pas été créée pour survivre. Elle avait été créée pour détruire. Grashnak rit — un rire lourd, gras, satisfait. Puis il l’affronta.
Acte 4 : Une Avalanche de Rage
Le combat dura longtemps. Le sol fut retourné, les rochers pulvérisés, et le sang coula à flots. Mais à la fin, ni l’un ni l’autre ne mourut. Et dans cette survie mutuelle, une compréhension brutale s’imposa. Depuis ce jour, ils avancent ensemble. Non comme un maître et sa monture, mais comme deux forces trop obstinées pour céder.
Sur les champs de bataille, leur arrivée est annoncée par le tremblement de la terre. Car quand Grashnak charge, il n’y a ni stratégie ni finesse. Juste une avalanche de chair, de cornes et de rage. Les guerriers du Chaos eux-mêmes s’écartent de leur trajectoire. Pour Grashnak Brise-Côtes, la guerre n’est ni un devoir ni une foi. C’est une preuve. La preuve qu’il est le plus fort.